Nous avons décider en conseil d'administration, sur conseil des techniciens de la FDAAPPMA, de ne plus lâcher de brochets dans les eaux vives de nos lieux de gestion piscicole.

En effet, afin de protéger l'espèce locale de brochet nous n’introduirons pas de brochet commun (Esox Lucius) d'élevage.

Un article ci-dessous du Muséum National d'Histoire Naturelle peut vous éclairer au delà de vos propres recherches sur Internet.

 

Un brochet en France peut en cacher deux autres

DÉCOUVERTE : 10.09.2014

Le brochet Esox lucius est un poisson emblématique en France, où il fait l’objet d’un fort intérêt pour la pêche récréative. Une équipe du laboratoire Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques (BOREA, Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/IRD/UPMC/UNICAEN), en partenariat avec l’Onema, a réalisé une étude complète des brochets de France à partir de données morphologiques et génétiques sur des spécimens récents et anciens issus des collections du Muséum. Cette étude, publiée dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (Biologies), a permis de découvrir l’existence d’une nouvelle espèce de brochet, ainsi que la disparition possible d’une autre espèce en France.

Pendant plus de deux siècles, il a été admis qu’il n’existait qu’une seule espèce de brochet (Esox lucius) en Europe. Or en 2011, une nouvelle espèce (Esox cisalpinus) a été décrite en Italie sur des critères morphologiques et génétiques.

Durant presque deux ans, l’unité de recherche BOREA, en collaboration avec l’Onema, l’Université de Lyon 1, les fédérations de pêche ainsi que les AAPPMA, a inventorié et collecté des spécimens de brochets sur l’ensemble du territoire français. Soixante-cinq spécimens provenant de 32 localités ont été analysés, ainsi que 49 autres provenant des collections du Muséum d’Histoire naturelle de Paris et de celui de Londres.
Les résultats des analyses sur la morphologie et la génétique de spécimens conservés dans les collections du Muséum ont montré que l’espèce italienne Esox cisalpinus était présente dans le Lac Saint-André dans les années 1920, ainsi que dans le Lac Léman au XIXe siècle en cohabitation avec le brochet commun. Cependant aucun spécimen récent n’a pu être trouvé. Cette espèce aurait peut-être disparue des lacs périalpins.

Mais cette étude a surtout mis en évidence une espèce cryptique, nouvelle pour la science, le brochet aquitain Esox aquitanicus, dont l’aire de répartition est limitée au Sud-Ouest de la France (bassins de la Charente à l’Adour). Elle se distingue du brochet commun par une robe marbrée, un museau plus court et un nombre moins élevé de vertèbres et d’écailles sur la ligne latérale.

Ainsi il est important de faire attention à l’origine des brochets issus des piscicultures pour les opérations de repeuplement. Sinon elles auront certainement un impact sur les populations de brochet aquitain, dont l’aire de répartition est très réduite, et elles seraient la cause de la disparition probable du brochet italien. Il est donc nécessaire de mettre en place rapidement des mesures de conservation pour ces espèces, avec une gestion adaptée à chaque bassin au niveau national.